Kevredigezh « E daoulagad Léa »


Ma fille nommée Léa, âgée de onze ans, a été victime de violences aggravées (par cinq garçons de sa classe) le 25 novembre 2013 à 10h15 durant la récréation du matin, en plein milieu de sa cour d'école dans un endroit visible de tous et pourtant surveillé. Ni son père, ni moi même n'avons été alerté, par téléphone de ce fait grave. La maîtresse m'a pourtant dit le matin même de son agression que c'était très violent, qu'elle pouvait témoigner... Elle a malgré tout laissé seule ma fille sous le préau ( après son agression), dans un état de détresse physique et psychologique... Ensuite elle l'a rappelé au loin afin que Léa rejoigne le rang comme les autres en compagnie de ses agresseurs. 
Léa ne pouvait plus s'asseoir sur sa chaise elle manifestait sa souffrance par des pleurs, cela n'a pas suffit pour faire réagir sa maîtresse qui ne l'entendait pas et qui ne l'a voyait toujours pas...
Je ne peux accepter cela... 
Je tiens à vous raconter notre histoire afin de vous informer, de vous alerter mais aussi pour dénoncer les conséquences malheureuses que subissent les enfants victimes de harcèlement et de violences à l'école... Cette violence est inacceptable et se taire n'est pas la solution, se taire ne fait qu'aggraver ce phénomène et "le nourrir"en quelque sorte...
Voici ma lettre envoyée aux différentes instances concernées (dont le ministère de la justice, le ministère de l'éducation nationale, le tribunal de versailles notamment) ou tout est dit....
Je m'appelle sylvie, je suis la maman de Léa, c'est à vous, monsieur le ministre que je crie aujourd'hui ma colère concernant l'agression de ma fille Léa, âgée de dix ans et demi au moment des faits (scolarisée en classe de cm2) dans sa cour,le vingt cinq novembre dernier, à l'école primaire d'Orgerus (yvelines). Léa est ma première fille, elle a deux soeurs dont L. agée de six ans et demi (en classe de CP, elle fréquente la même cour) et une autre petite soeur L.âgée de deux ans et demi. Léa a un parcours scolaire, si je puis dire,exemplaire avec de bons résultats et n'a que des "points verts"question comportement... Elle s'en est très bien sortie et ce, malgré que son quotidien, à l'école d'Orgerus n'était pas si drôle que ça, contrairement aux idées reçues... En effet, lors de chaque récréation,elle n'était pas à l'abri de recevoir des coups, par toujours les mêmes garçons, persécuteurs et de surcroît, quelque peu dangereux si je puis dire. Ils ne sont malheureusement pas arrêtés pour leurs actes. Peut être considère t-on encore une fois que ce n'est qu'un jeu(dire de certaines maîtresses). Bien évidemment, on les excusera toujours parce que ce ne sont que des enfants trop jeunes a dix ans et demi pour comprendre la différence entre le bien et le mal (je pensais pourtant que c'était à six ans...). Qu'est ce qu'un coup après tout ? Les enfants n'ont surement pas eu de cours là dessus ou de réunions avec des tables rondes pour parler de ce problème qui les concernaient pourtant pleinement... Il me semble, ayant moi même fait un stage dans une école que des actions de prévention étaient organisées afin d'alerter les enfants sur des sujets sensibles touchants la vie de l'école... A moins que je me trompe !
Toujours est -il que dans cette école, ce n'était pas une vie pour ma fille qui ne pouvait s'épanouir dans un environnement ou on est frappé à moins d être "sado-maso"comme l'ont dit les enfants aux auditions"elle nous a demandé de la frapper"'(ce matin du vingt cinq novembre 2013). Ma fille, pourtant agée que de dix ans et demi,au moment des faits, est capable, elle, de définir ce qu'est un coup et d'évaluer son intensité et sa répétition. Elle m'a dit qu'ils étaient d'une violence inouie.
Et c'est de là que monte ma colère. La colère d'une maman qui souhaite que le bien pour ses filles.
Le jeu parce qu'apparemment il s'agissait d'un jeu (pour la maîtresse) s'est transformé en" cauchemar"pour ma fille ce matin là qui n'a pas eu de chance de devenir la "cible" de ces garçons (au nombre de cinq).
Alors qu'elle discutait avec sa copine, l'un des cinq garçons en question, lui a foncé la tête la première dans son dos, ma fille a alors basculé en avant et est venu tapé violemment sa tête dans celle de sa copine, puis elle a été balancée telle une "poupée de chiffon" au milieu des quatre autres garçons, ils l'ont alors tenu par les bras et frappé de toutes leurs forces, à coups de tête dans ses organes sensibles tels que sa partie abdominale et son dos (au niveau du rachis). Sa tête n'a pas reçu de coups directs mais a basculé d'avant en arrière au moment des impacts, par "chance" Léa dans son état de semi-conscience, est restée debout cependant elle pouvait distinguer même que certaines de ses copines riaient de ce triste spectacle, excepté sa copine avec qui elle discutait restée,elle,sous le choc...
Aucun enfant témoin de ce fait grave, n'a alerté..
Après son agression violente qui a duré près d'une minute selon les dires de sa copine,Léa avait du mal à marcher, elle manifestait sa douleur par des pleurs, elle tremblait. Soutenue par ses deux copines, elles se sont dirigées vers la maîtresse qui se trouvait à environ un mètre d'elles, celle ci l' a regardé puis a brusquement tourné sa tête dans une autre direction. Il a alors fallu que ma fille et ses copines lui tapent dans son épaule pour qu'elle réagisse... Elle (la maîtresse) lui a dit "ça va passer"puis elle l'a guidé sous le préau, en la laissant seule, debout.
Dans sa détresse et sa douleur certaine que l'on peut imaginer,en état de choc, au vu de ce qu'elle venait de subir, Léa n'a eu d'autre choix que de s'asseoir restant dans un état de stress post traumatique certain...
Une autre maîtresse qui passait dans le coin lui a dit de respirer fort et de souffler puis est partie... aussi...
La maîtresse, l'a rappelé au loin et lui a fait signe de regagner le rang. Arrivée dans sa classe, ne pouvant plus s'asseoir sur sa chaise et manifestant toujours sa douleur par des pleurs et des gémissements (qu'elle a du même exagérer) car la maîtresse ne l'a voyait toujours pas ...
Il est important de savoir que juste avant l'agression de ma fille, cette maîtresse venait juste d'intervenir auprès de ces mêmes enfants (au nombre de trois) car ils commençaient à s'en prendre à une autre fille de sa classe (cela aurait duré quelques secondes) elle leur a demandé d'arrêter ce" jeu" (propos de la maîtresse). Les enfants sont restés impunis et juste après ce fait, ils s'en sont pris à Léa.
Personne n'est venu la secourir, elle...Léa s'est retrouvée "EN DANGER"en plein milieu de sa cour d'école, dans un endroit visible de tous (Une fille de sa classe  aurait été dire quelque chose aux garçons en question juste après l'agression de l'autre fillette ? ).
Son père et moi n'avons pas été prévenus de l'agression de notre fille.C'est à seulement onze heures trente,lorsque je viens chercher mes filles, comme d'habitude,que sa petite soeur  prévenue par ses copines me dit"maman, il s'est passé quelque chose de grave avec Léa.
Je cours alors vers la barrière de l'école et je découvre ma fille, dans un état" pitoyable ", elle m'a semblé perdue ,son regard était vide, plein de larmes,elle m'a donné l'impression qu'elle culpabilisait... elle n'était aucunement soutenue par la maîtresse alors qu'elle avait peine à marcher...Cette enseignante me dit alors"j'ai tout vu madame ... c'était très violent... Je peux témoigner... elle me parle alors d'une histoire qui n'avait rien a voir avec les faits et me dit "votre fille a refusé de manger le gâteau de l'enfant x... (cet enfant n'était pas concerné par l'agression ). Je l'arrête et lui dit"ce n'est pas le moment"...
Léa me parle alors de ce qu'on lui a fait,elle me fait part qu'elle ne peut plus courir comme avant en effet, elle ne peut plus lever ses jambes...
Je vais dans un premier temps, à la cantine afin de voir les agresseurs de ma fille pour avoir des explications mais le personnel me fait part que cela est impossible. Nous allons très vite à l'hôpital le plus proche de chez nous,Léa est à peine  examiné, le médecin lui prescrit un peu d'aspirine... Les douleurs de Léa se manifestent de plus en plus au fil des jours, je suis donc amené a retourner voir des médecins dont un docteur de l'hôpital de trappes qui l'examine enfin sérieusement. Il me dit alors que l'état de ma fille est grave, qu'elle semble perdue et présente des troubles de la vision avec un  rétrécissement des objets, des hallucinations auditives, il diagnostique une entorse cervicale haute qui impose le port d'une minerve mais aussi de multiples contusions abdominales... Toujours inquiète après cette visite aux urgences de trappes, je décide d'aller voir un spécialiste en neurologie à l'hôpital de garches afin d'approfondir les examens. Ce médecin confirme le diagnostic du médecin de trappes et me dit que Léa devrait être hospitalisée au vu de son état... De là,il en ressort en plus que ma fille présente des troubles neurologiques dans les jambes,un hématome de la taille d'une main dans son ventre entraînant une défense au niveau du foie.Aussi,elle a présenté à la maison des syncopes sous la douche qui m'ont conduit à la faire réexaminer en urgence.Suite à une syncope,elle ne pouvait même plus marcher.(Léa se déplaçait en fauteuil roulant à l'hôpital,elle était bloquée...).J'ai du la" tirer"par les bras pour qu'elle marche et pour la faire sortir de l'hôpital,elle me disait sans arrêt"maman,tu comprends pas" (Un itt de plus de huit jours m'à alors été prescrit par ces deux médecins...). Ses traumatismes,physiques et psychologiques, ont été très lourds. Je suis restée auprès de ma fille (je suis infirmière) afin qu'elle s'en sorte au mieux, je dormais avec elle la nuit car elle avait peur et elle souffrait (j'ai été en arrêt un mois et demi).
Il était impossible que Léa et sa soeur reprennent leur scolarité dans cette école au vu de la présence des agresseurs dans sa classe.
Je me dois, en tant que personnel de santé, de dénoncer cette violence gratuite et tellement injuste subit par des enfants,pourtant surveillés par des adultes, dans une institution scolaire... Des lois et des règles professionnelles existent pourtant et sont censées les protéger...
Ma fille a subi des coups d'une violence extrême, je ne peux l'accepter... Il est de mon devoir de le dénoncer au nom de ma bichette, pour son honneur, pour qu'elle se rende compte qu'il y a une justice quelque part. Ces faits sont passés certes, mais ils resteront gravés dans son esprit, on lui a enlevé quelque chose pour moi qu'elle ne retrouvera jamais ...
Elle grandira avec l'handicap d'avoir été frappé.Je dénonce donc cette violence  qui "gangrène" notre société...Les enfants  ont des droits, qui se doivent  d être respectés dans toutes institutions, il n'est pas normal de subir de tels actes. Au nom de ma fille,au nom des autres enfants victimes eux aussi de violence, j'ai décidé de ne pas me taire... Vous devez connaitre certainement mieux que moi les lois concernant la protection des enfants mineurs, comme la loi qui parle de "la protection contre la violence physique, psychologique ou émotionnelle, le droit à une protection et des soins attentionnés, à une identité humaine, à des soins de santé". L'institution scolaire se doit d'enseigner, d'éduquer les élèves dans le respect de certaines règles et surtout de les protéger...
Il est d'autant plus essentiel de protéger les enfants des violences et d'intervenir le plus tôt possible. Il s'agit de situations d'urgence pour éviter des psycho-traumatismes sévères et chroniques avec de graves conséquences sur la vie future des enfants .
D'autres parents, ayant été aussi choqués du comportement de certains enseignants pourront aussi témoigner. On ne peut accepter cette violence faite à nos enfants sans crier" au secours".
J'espère que la justice ouvrira, elle, les yeux sur l'injustice subit par ma "bichette" encore petite a onze ans et tellement fragile, deja que le vie n'est pas facile et démarrer avec un tel handicap... L' handicap d'avoir subi de la maltraitance dans une institution scolaire, de ne pas avoir été considérée par le monde "des grands"restants indifférents à la souffrance certaine d'une petite fille, pourtant témoins eux-mêmes de la violence des coups et pouvant même l'attester...
Nous avons portés plainte moi et mon mari contre les enfants (encouragés par les enseignants bien sur dépassés par la violence de ces enfants. Nous avons aussi portés plainte contre la maîtresse pour sa conduite "exemplaire" mais aussi contre la directrice pourtant informée par moi même et  par d'autres parents, de la violence qui régnait dans son école. Nous espérions un changement et une réaction de ces enseignants vis à vis de ces faits de violence inacceptables. En ce qui concerne nos plaintes, la décision de justice a été un simple rappel à la loi pour les enfants et pour les parents. Rien pour les enseignants. Nous n'acceptons pas ces décisions.
cette lettre est longue, monsieur le ministre et il est temps de conclure.
Nous remercions les parents de ne pas s' être excusé ainsi que la maîtresse en question.
Nous remercions l'inspection académique pour son écoute et pour ces actes effectués "incroyables"et ses appels téléphoniques donnés avec joie, en ne prenant pas en compte la détresse des victimes.
Nous remercions toutes les personnes qui nous ont aidé c'est à dire personne ; excepté le maire d'une commune environnante qui a eu lui de la compassion pour mes filles. Elles ont pu ainsi retrouver le chemin de l'école, un mois et demi après les faits soit le 9 janvier 2014. 
Nous remercions aussi le maire de Behoust d'avoir donné un refus catégorique à mon mari le 31 janvier au soir. Il l'a invité à trouver une école dans le privé et même si celle-ci est située a plus de dix kilomètres. A l'école privé d' houdan, de toute façon, j'avais eu aussi un refus catégorique par téléphone alors que j'avais bien expliqué la situation.
Nous remercions aussi la maîtresse d'avoir culpabilisé ma fille parce qu'elle n'a pas mangé le gâteau de l'enfant x.. et aussi d'avoir pu mettre trois C à sa dictée le lendemain de son agression.
En fin de compte, ce que nous constatons,c'est que les victimes se retrouvent auteurs(ce qui est un paradoxe)avec toutes les sanctions qui en découlent.Après le refus de behoust, l'inspection nous a fait part que son pouvoir était aussi limité pour agir auprès du maire de Béhoust et nous a demandé de faire appel au préfet du département des Yvelines pour essayer de débloquer la situation (malgré nos différentes démarches, nous n'avons à ce jour obtenu aucune réponse du préfet). Au final,l'inspection dépassée, n'a pas été capable d'apporter une solution descente à nous les  victimes. Cependant, une proposition de rescolariser mes filles à l'école de Tacoignières nous a été faite mais il se trouve que ma fille aurait été dans la classe de la fille de la maîtresse contre qui nous avons porté plainte !
Les victimes ont donc les sanctions des auteurs et subissent des dommages collatéraux avec:
         -La déscolarisation de mes filles pendant près d'un mois et demi et ce,dans l'attente d'une autre école.
         -Des dommages collatéraux avec sa petite soeur ne pouvant plus fréquenter cette école au vu de la présence des agresseurs.
         -L'obligation pour moi même de me mettre en arrêt maladie pendant près d'un mois et demi.
         -On doit enfin se débrouiller par nous-mêmes afin de retrouver une école, ne recevant pas de nouvelles de personne
Les victimes doivent partir...
Les agresseurs,quant à eux,n'ont pas changé leur vie, leurs parents n'ont plus. Il est intéressant toutefois de constater qu'il y a un groupe de travail au sein de l'école avec une cellule psychologique, les enfants agresseurs sont donc écoutés, mais chez nous, rien, aucune cellule alors que nous avons subit un" état de crise". Une rencontre m'avait été toutefois proposé avec une psychologue de l'éducation nationale mais elle m'a fait part qu'il fallait que je cherche deja un psychologue dans le privé (elle ne pouvait nous recevoir que deux ou trois fois), nous avons échangé par téléphone, je lui ai tout dit, ce que j'ai vu, entendu,  ce que Léa a subi. Encore aujourd'hui, Léa se fait toujours insulter par certains enfants et ce,malgré la cellule psychologique. Ils n'ont pas du prendre conscience de la gravité de leurs actes.
Léa m'a confié avoir subi ce harcèlement moral, de la part de ses propres "copines" aussi. Le harcèlement était aussi son quotidien, l'une d'entre elles lui donnait aussi des coups de pied dans son ventre et lui a même dit "je te ferais cela toute ta vie..."
Elle entendait régulièrement des propos insultants tels que "salope, petite pute, connasse"m'a t'elle confié.
Les enfants témoins de la scène n'ont pas été entendu par les gendarmes qui n'ont pour l'instant que la version de Léa et de ce fait, sa crédibilité est remise en question. Certains parents souhaitent tourner la page...
Au final,J'ai crié au secours un peu partout ou je pouvais et notamment au service de médiation de l éducation nationale, on m'a dit alors que le problème était résolu du fait du changement d'école. J'ai appelé plein de numéro (enfance en  danger, associations, et les médias... aussi sur qui je comptais pour dénoncer cette injustice...)
Nous sommes, mon mari et moi, d'honnêtes citoyens avec des filles qui travaillent et se comportent normalement à l'école ; de plus, nous travaillons tous deux pour l'état. Nous nous tenons d'avoir une conduite exemplaire dans notre travail. Il est inconcevable d'avoir été traités de la sorte et que personne ne nous ai pris sous son aile.
Ma fille Léa, semble pour nous avoir été sacrifiée, à quel prix et pourquoi ?
                                                                                                        La maman de Léa
 P.s:Ce sont les propos de ma fille et de témoins qui m'ont permis de raconter son agression.
Réponse du Ministère de l'éducation nationale