Kevredigezh « E daoulagad Léa »

PUBLICATION DU DISCOURS FAIT A L'ISSUE DE CETTE MARCHE:
MERCI ENCORE A MONSIEUR LE MAIRE DE SEPTEUIL ET A L'UN DE SES ADJOINTS D'AVOIR ETE A NOS COTES DANS CE COMBAT. 
Je ne vais pas vous tenir un long discours seulement vous éclairer sur les raisons de cette marche. En cette rentrée scolaire et avec notre association "Dans les yeux de Léa", nous avons décidé de sortir du silence pour parler de problèmes majeurs et préoccupants que sont les violences scolaires. Peut être n'y avez-vous jamais été confronté ou alors peut être avez-vous entendu vous même parler de faits dans des écoles ou alors peut être avez-vous été aussi victimes ?
Nous réagissons aujourd'hui en faisant cette marche car on se doit de protéger nos enfants. Merci à tous les amis de Léa d'être là, c'est aussi grâce à vous que Léa a pu se relever... "Une cour d'école est grande, votre enfant peut, un jour, être, auteur, complice, meneur dans un groupe mais peut aussi devenir la -CIBLE-". Nous ne mettrons pas de "gants" pour vous parler de la violence et ce, volontairement, car comme nous a dit Léa" quand ils m'ont frappé, ils n'avaient pas de "gants" et la violence malheureusement c'est ça... Le harcèlement moral est aussi une violence "sans gants"  et surtout sans traces physiques. Cette violence scolaire psychique n'est pas encore reconnue aux yeux de la loi et pourtant ... L'agression de Léa alors âgée de dix ans et demi (ma bichette) le 25 novembre 2013 nous a fait ouvrir les yeux sur une réalité. En effet, Léa a été victime d'une agression violente par cinq élèves de sa classe en plein milieu de sa cour d'école et n'a eu aucune prise en charge après les faits pourtant graves. Et en prime, elle a du avec sa petite soeur quitter son école et partir car aucune solution décente ne nous a été apportée à nous, les victimes, hormis le fait de rester dans l'école avec ses agresseurs et de partager la même cour avec eux. Nous avons subi aussi une indifférence totale et nous avons subi aussi la loi du silence. Comment peut-on laisser faire ça sans réagir ? Cette agression n'est pas sans conséquences sur la santé de Léa car tout son corps et son esprit ont gardé le souvenir des coups, elle n'est pas non plus sans conséquences sur sa famille. Cette marche est pour Léa mais aussi pour ses petites soeurs mais également pour les autres enfants victimes, eux aussi, de la loi du silence car combien d'enfants, combien de familles n'osent pas parler et sont contraintes au silence par peur des représailles ? Je pense d'ailleurs à un enfant qui a voulu, lui, briser la loi du silence, on lui a demandé de se taire et s'est trouvé victime d'en avoir trop dit...
Certains élèves harcelés (à l'école, à la maison sur Facebook) humiliés au quotidien, en arrivent parfois à des gestes très graves. N'oublions pas non plus les enfants qui ne s'en sont jamais relevés . Nous ne pouvons pas rester dans le déni de ces actes car il y a des faits avérés et réels et on ne peut pas seulement fermer les yeux. Un enfant victime, c'est déjà un de trop et surtout quand il s'agit de son enfant et seulement là, alors on se rend compte de la dure réalité des violences scolaires. Léa a eu la force et le courage de se relever et c'est sa force qui nous amène à ce combat aujourd'hui !
La violence n'est pas un jeu, le harcèlement non plus et je pense même que tant qu'on emploiera ce terme de "JEUX" pour définir certains comportements, on en viendra pas à bout de la violence. Nous ne pouvons, en effet, camoufler cette violence derrière une notion de jeu comme nous ne pouvons rester dans le déni de ces actes parfois infâmes et qui se passent dans nos cours d'écoles. Notre enfant ne va pas à l'école pour se faire humilier, encore moins pour se faire rouer de coups par un groupe d'enfants organisé. Il s'agit là, de violences gratuites, de véritables agressions et nous sommes bien loin des jeux d'enfants car il y a des règles et des conduites à ne pas dépasser mais quand le mal est fait, il est trop tard. Nous parlons alors justice car le préjudice est trop lourd et l'extrême violence inacceptable. L'école est un lieu d'éducation, en effet, et non un lieu ou règne la loi du plus fort et/ou la loi du silence. Les autorités nous donnent des estimations sur le nombre d'enfants victimes mais ce ne sont que des chiffres déclarés car combien d'enfants n'osent pas parler par peur des représailles ? Alors en réalité combien sont-ils...... point d'interrogation ? Les experts tirent eux-mêmes la sonnette d'alarme. La victime doit apprendre à se défendre certes mais que peut-elle faire face à un groupe d'individus ou face à un enfant plus fort qu'elle ? Personne ne peut se mettre à la place de la victime tant qu'on ne l'a pas vécu car il faut l'avoir vécu, en effet, pour se rendre compte de la douleur ressentie par les coups et ensuite de la souffrance morale que cela engendre... Et longtemps... Je dirais même toute une vie.. Ces agressions faites en toute impunité, ces violences subies dans nos cours d'écoles sont justes inacceptables. Et ce n'est pas en fermant la porte ou en gardant le silence qu'on peut trouver des outils pour y remédier.
-Q'auriez-vous fait à notre place ?
-Comment auriez-vous géré une telle agression ? 
Chacun doit prendre ses responsabilités et notamment les autorités. Comment les institutions peuvent laisser faire cela et ne pas réagir assez efficacement au vu de la gravité des faits et de leurs impacts. Nous avions déjà dénoncé ces violences avec les responsables, leurs actions notamment la cellule psychologique n'a pas mis un terme à cette violence. Oui l'agression d'un  enfant est un drame dans une cour d'école, oui la mort d'un enfant est un cataclysme, oui le harcèlement est une violence morale qui peut entraîner le suicide chez un jeune désarmé et qui reste bien souvent seul dans sa souffrance. Je souhaite maintenant m'adresser aux élèves,aux enfants en général : Chaque enfant est différent, chaque enfant à une richesse en lui et est un trésor pour sa famille. Les mots ont un sens et peuvent faire très mal quand on les emploie en cherchant à blesser l'autre. Vous apprenez à l'école le sens des mots et vous savez les mots qui font mal. Vous apprenez aussi le sens de vos gestes, vous avez appris à les contrôler dès votre plus jeune âge. Alors n'abîmez pas de vos mots, de vos gestes, la personne qui est en votre camarade, ne cassez pas ses rêves, son envie de vivre et de partager aussi avec vous tout simplement et même s'il est différent de vous même.